Dans l’œil d’Ivanoh : la guerre en Ukraine sous tous ses angles
La guerre entre l’Ukraine et la Russie vient de franchir le cap des trois ans. Que ce soit dans ces deux pays ou ailleurs sur la planète, les options visuelles pour décrire ce conflit sont multiples. J’ai scruté à la loupe des centaines d’images en début de semaine afin d’illustrer cet affrontement qui n’en finit plus. La guerre de l’opinion publique est influencée par de fortes images. À ma grande surprise, j’ai constaté que la vaste majorité des photos qui sont publiées sur ce sujet sont réalisées très loin du front. Dans tout conflit, c'est la population du pays frappé par la guerre qui souffre le plus. Les alertes d’attaques aériennes y sont fréquentes. Ces avertissements forcent les habitants à se réfugier régulièrement sous terre pour se mettre à l'abri des bombes. À la veille du triste anniversaire de l’invasion russe, des aînés se sont retrouvés dans un endroit souterrain du centre-ville de Kiev. Ils ont dansé pour se changer les idées. Originaire de l’Ukraine, le photographe Roman Pilipey s’y est déplacé et a capté ce beau moment. Des journalistes et vidéastes photographient un écran de télévision, n’ayant pas accès au lieu de la rencontre entre le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky. Photo prise dans une salle de presse à Kiev, le 24 février 2025. Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn Les images protocolaires de politiciens en visite en Ukraine sont récurrentes. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a reçu un nombre imposant de personnalités politiques au cours des trois dernières années. Ces photos de poignées de mains et de visites surprises ont été importantes. Elles ont maintenu une attention médiatique constante sur ce conflit. Par contre, je me demande si ces images de protocole ne commencent pas à être répétitives. Les enjeux de sécurité pour déplacer les politiciens vers la capitale du pays sont multiples. Conséquence : les accès pour les photographes qui accompagnent tous ces politiciens étrangers sont parfois limités. Le photographe Frank Gunn, de La Presse canadienne, était en Ukraine cette semaine. N'ayant pas accès au lieu de la rencontre entre le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, il a dû se contenter de photographier un écran de télévision qui montrait la scène! Misère… Quand les patrons t'envoient en Ukraine, tu dois ramener des photos! Heureusement, à mon grand soulagement, le talentueux photographe de La Presse canadienne a eu accès aux deux politiciens plus tard dans la journée. Le président de la Russie, Vladimir Poutine, a déposé une gerbe de fleurs pour rendre hommage au soldat inconnu. Photo prise à proximité du mur du Kremlin, à Moscou, le 23 février 2025. Photo : Getty Images / POOL/AFP/SERGEI BOBYLYOV Le 23 février, le président russe Vladimir Poutine a déposé une gerbe de fleurs devant la statue du soldat inconnu, en face du mur du Kremlin. Sur le cliché, on aperçoit le chef d'État à travers la salutation d’un soldat. Une photo bien réussie. Malheureusement, pour des enjeux de sécurité, plusieurs médias occidentaux ont dû quitter la Russie au début de la guerre. À Moscou, les images du président russe sont régulièrement fournies par l’agence de presse Sputnik. Dans tout conflit, il faut essayer de montrer les deux côtés de la médaille. Sachant que l’agence Sputnik a pour mission de faire des photos Des milliers de manifestants se sont déplacés pour souligner le troisième anniversaire de l’invasion russe en Ukraine. Photo prise le 23 février 2025, à Vilnius, en Lituanie. Photo : Getty Images / AFP/PETRAS MALUKAS Des cérémonies officielles ont eu lieu dans plusieurs grandes métropoles pour souligner le triste anniversaire du début des combats. Ces évènements sont souvent empreints de sobriété, mais à l'occasion, ils peuvent évoluer en moments flamboyants et spectaculaires. Ce cliché a été pris lors d’une soirée organisée à Vilnius, en Lituanie. L’aménagement de multiples feux de joie nous amène vers la scène où avait lieu le spectacle. La foule qui a bravé le froid se démarque subtilement à travers les nuances de l’heure bleue. Une manifestante lors du troisième anniversaire de l’invasion russe en Ukraine. Photo prise à Lisbonne, au Portugal, le 23 février 2025. Photo : Reuters / Pedro Nunes Les manifestations publiques sont probablement le meilleur endroit pour sonder le pouls d’une population. Lors d’un rassemblement à Lisbonne, au Portugal, une femme avait choisi de dénoncer la guerre. Le photographe Pedro Nunes l'a repérée dans la foule et a saisi ce moment fort. Ce maquillage simulant des larmes de sang ne laissera personne indifférent. C’est d'ailleurs le but de tous les manifestants : attirer notre attention. Un soldat ukrainien lance un drone à partir d’un abri de fortune dans la région de Toretsk, en Ukraine. Photo : fournie par Iryna Rybakova/93e brigade mécanisée d'Ukraine via AP Lorsqu’on parle de la guerre, on imagine immédiatement des soldats qui combattent au front. Évidemment, c’est le cas. Des combattants des deux côtés meurent chaque jour. Cependant, les images illustrant cette dure réalité se font rares. Les photographies que l’on voit sur le côté ukrainien sont souvent fournies par des membres actifs de l’armée de l’Ukraine, tandis que du côté russe, les images accessibles aux médias de l’Occident sont quasi inexistantes. Oui, il existe de grands médias et agences qui ont les reins assez solides pour envoyer des journalistes, vidéastes et photographes au front pour documenter la situation. Mais les frais de sécurité associés à ces assignations sont considérables, ce qui limite l’accès à ce genre d’images. Liudmyla Kryvets habite à Trois-Rivières. Elle est réfugiée ukrainienne et a recommencé sa vie au Québec. Photo prise à Trois-Rivières. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers Une autre façon d’intéresser nos lecteurs, c’est de traiter une nouvelle internationale en l’abordant de façon locale. Qui, dans notre région, est affecté par cette nouvelle? Comment pouvons-nous faire quelque chose? J'ai rencontré la réfugiée ukrainienne Liudmyla Kryvets, une femme qui a été grandement éprouvée au cours des dernières années et qui réside maintenant dans la région de Trois-Rivières. Elle a accordé une longue entrevue à ma collègue journaliste Émilie Dubreuil. Le peuple ukrainien
Le protocole ukrainien

Le protocole russe

qui reflètent le point de vue des autorités russes
, il faut parfois dans certains cas faire preuve de retenue.Les cérémonies dans le monde

Les manifestations

Le front ukrainien et le front russe

Le clin d'œil de la semaine

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